UNPI 06Ce n'est pas arrivé sur la Côte d'Azur, mais cela aurait pu. Dans un immeuble de Calais, un copropriétaire avait décidé de transformer son petit appartement loué sur Airbnb et Booking en véritable nid d’amour : lit « queen size », miroir au plafond, ciel étoilé, fauteuil tantra… et jacuzzi quatre places.
Pour les voyageurs, la promesse était séduisante. Pour les voisins, l’ambiance était moins idyllique : ronronnement du moteur derrière la cloison, clapotis nocturnes et odeur de chlore sur le palier.
Mais le problème le plus lourd n’était peut-être pas sonore. Rempli, le jacuzzi contenait environ 1 000 litres d’eau, soit une tonne, sans compter le poids de l’équipement et de ses occupants. Aucune étude technique n’avait été réalisée pour démontrer que le plancher, équipé d’un chauffage au sol, pouvait supporter cette charge.
Le syndicat des copropriétaires a saisi le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer. Par un jugement du 13 janvier 2026, le propriétaire a été condamné à cesser son activité de location touristique et à retirer le jacuzzi sous quinze jours, sous peine d’une astreinte de 100 euros par jour de retard. Le tribunal a notamment retenu que l’ensemble des prestations proposées apparentait l’activité à une activité para-hôtelière de nature commerciale, alors que le règlement de copropriété interdisait l’exercice d’une activité commerciale sans autorisation.
Installer un jacuzzi dans un appartement n’est pas interdit en soi. Un copropriétaire use librement de ses parties privatives, mais à condition de ne porter atteinte ni aux droits des autres copropriétaires, ni à la destination de l’immeuble.
Avant toute installation de ce type, plusieurs vérifications s’imposent :
La responsabilité de l’auteur d’un trouble excédant les inconvénients normaux du voisinage peut être engagée même sans faute. Cette règle concerne aussi bien le propriétaire que le locataire ou l’occupant du logement.
Un locataire peut aménager son logement, mais il ne peut pas transformer les locaux ou leurs équipements sans l’accord écrit du bailleur. Lorsque les transformations mettent en péril la sécurité du logement ou le fonctionnement des équipements, le propriétaire peut exiger leur suppression immédiate aux frais du locataire.
Enfin, le bailleur averti de nuisances causées par son locataire doit utiliser les moyens dont il dispose pour les faire cesser. Il ne peut pas se contenter de répondre que « cela ne le regarde pas ».